Mercredi 5 septembre 2012
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La bonne nouvelle, c'est que SUN est l'album extraordinaire que l'on attendait.
La mauvaise nouvelle, c'est qu'il vous faudra au moins 2 écoutes pour vous en apercevoir.
Le coda de Love and Peace à peine terminé, il faut se rendre à l'évidence: on vient de se prendre
une claque dans la figure et on ne l'avait pas vu venir. La parution de King Rides By en décembre aurait pourtant dû nous avertir: la suite s'annonçait bien plus aventureuse que
nous ne le pensions. Une impression qui se confirmait avec les singles Ruin et Cherokee au début de l'été. Chan Marshall s'apprêtait à nous livrer un album au
son très travaillé, et à la production particulièrement moderne. C'est donc avec un brin d'anxiété mêlée d'excitation que j'ai écouté ce disque...
La première minute de Cherokee nous laisse en terrain connu: Cat Power vient nous susurrer de sa
voix magique des mots sombres où il est question d'amour et de douleur. Tout bascule pourtant dès l'apparition d'un beat très important qui propulse instantanément le titre dans une autre
dimension. Par la magie du multipiste, la voix de Chan Marshall se répond alors à elle-même dans une sorte de chant choral, apportant à cette chanson une profondeur et une texture qui donnent le
ton de l'album.
La chanson SUN vient chasser sur d'autres terres, encore plus audacieuses mais aussi plus
difficiles d'accès. Je n'ai pas eu le coup de foudre pour ce titre, où le synthé se taille la part du lion et où l'on distingue même l'utilisation d'auto-tune sur la voix de Chan Marshall.
"Sacrilège!" crieront certains, cependant force est de reconnaitre que cette instrumentation et ces effets ne manquent finalement pas d'audace et finissent par emporter l'adhésion de l'auditeur
initialement déboussolé.
Ruin est le morceau le plus mélodique du disque, et probablement le plus dansant de tout la
discographie de Cat Power. Une réussite incontestable qui nous prouve si besoin était que l'artiste est capable de composer un vrai titre Pop.
3,6,9 est lui aussi un titre au rythme enlevé mais qui fera peut-être tiquer par son
utilisation très ludique de l'auto-tune.
Avec Always on my own débute une séquence du disque qui peut nécessiter un peu de temps pour
l'apprivoiser complètement. On retrouvera sur Always on my own des échos de la Cat Power de Moon Pix, tout comme sur Human Being d'ailleurs.
Entre ces 2 chansons, Real Life est le titre qui m'a le moins marqué sur le disque mais je n'ai pas encore abdiqué à son sujet.
L'apparition de Manhattan lance déjà le sprint final pour un crescendo émotionnel que l'on n'est pas prêt
d'oublier...
Manhattan est l'âme de ce disque, une bouleversante déclaration d'amour à New York, traversée par
la nostalgie de tous ces amis trop tôt disparus que l'on ne reverra plus. Un classique instantané à ranger à côté des plus belles réussites de Cat Power. Silent Machine vous
entraîne ensuite dans un Rock syncopé à la mélodie imparable. Il n'est pas interdit de danser.
L'avant-dernière chanson, Nothin but Time, est le titan de ce disque, un hymne à la vie de 11
minutes, véritable anti-dépresseur à mettre à dispostion de tous sans ordonnance. On pense bien sûr au "Heroes" de Bowie, auquel Chan Marshall rendrait ici hommage, mais aussi à l'euphorisant
Hey Jude des Beatles. A noter la présence d'Iggy Pop qui vient prêter sa voix à Chan Marshall en cours de route et qui renforce la connexion avec Bowie. L'album aurait pu se
terminer glorieusement sur cette réussite totale, mais la songwriter nous cachait une dernière surprise...
Peace and Love, la chanson qui vient clore le disque, est une sorte de hip-hop enfievré et
hallucinant sur lequel une Cat Power déchainée et en colère vient régler ses comptes avec l'état du monde. KO debout.
Au moment où j'écris ces lignes je ne sais pas si c'est le meilleur album de Cat Power, je peux en revanche vous
assurer que c'est le plus excitant.